La petite bonne. Bérénice Pichat / Les Avrils.
Résumé :
Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d'aller prendre l'air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d'amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s'ils se surprenaient ?Avis :
Ce livre poignant apporte une description sociale d'une époque et de la place des femmes. La construction du livre est très intéressante avec des graphismes qui diffèrent suivant les personnages.
Cote : R PIC PET
Les sources. Marie-Hélène Lafon / Buchet-Chastel.
Résumé :
La cour est vide. La maison est fermée. Claire sait où est la clef, sous une ardoise, derrière l'érable, mais elle n'entre pas dans la maison. Elle n'y entrera plus. Elle serait venue même sous la pluie, même si l'après-midi avait été battue de vent froid et mouillé comme c'est parfois le cas aux approches de la Toussaint, mais elle a de la chance ; elle pense exactement ça, qu'elle a de la chance avec la lumière d'octobre, la cour de la maison, l'érable, la balançoire, et le feulement de la Santoire qui monte jusqu'à elle dans l'air chaud et bleu.
Années 1960. Isabelle, Claire et Gilles vivent dans la vallée de la Santoire, avec la mère et le père. La ferme est isolée de tous.
Les Sources est le nouvel opus de Marie-Hélène Lafon après Histoire du fils, prix Renaudot 2020.
Avis :
Ce livre, très bien écrit, parle de violence familiale, de femme sous influence. On sent la montée en tension, la lourdeur de la vie dans cette ferme isolée dans la nature.
Cote : A LAF SOU
Gonzalo et les autres. Bénédicte Delpois / Gallimard.
Résumé :
Gonzalo, fils d'un viticulteur d'un petit village d'Estrémadure, s'enfuit pour éviter le service militaire instauré par les franquistes et le destin médiocre auquel il se croit promis. Mais, après des années passées en France et un amour malheureux, il embrasse de nouveau ses racines et l'immuabilité de la vie rurale. Il devient alors pour les autres le confident, celui à qui chacun peut livrer les grandeurs et les misères de son existence. Car c'est le portrait d'un village qui se dessine au travers des récits de ces personnages si attachants, un lieu clos où tous se connaissent et où chacun conserve ses secrets. Avec ce roman, Bénédicte Belpois continue de tracer une oeuvre singulière au prisme d'une écriture très haute en couleur, sincère et émouvante.Avis :
Ce livre, facile à lire, nous parle de l'histoire espagnole du temps de Franco, dans une belle écriture avec beaucoup de sentiments.
Cote : R BEL GON
Disgrâce. J. M. Coetzee / Seuil.
Résumé :
David Lurie est enseignant au Cap, en Afrique du Sud, passionné par les œuvres de Byron et de Wordsworth. Il a 52 ans, il est père et a deux fois divorcé. Dans son genre, c'est un Casanova. La question de sa vie sexuelle est facilement résolue : il paye une femme légère et chaque jeudi de la semaine est "une oasis de luxe et de volupté". Sur le chemin des écoliers, il croise l'une de ses étudiantes, Mélanie Isaacs. Il la séduit. Mais cette relation a tôt fait de faire scandale. Le professeur est démissionné pour "harcèlement sexuel". Pour éviter le regard critique de la ville, il se rend chez sa fille, Lucy, propriétaire d'une petite exploitation agricole en province. Là, il assiste aux tâches quotidiennes de la campagne, des ventes de fruits et légumes à la protection des animaux, à la violence aussi, qui monte depuis la ville, partagée entre le vol et le viol…
Notes : Prix Nobel de Littérature 2003
Avis :
Ce livre, sombre, parle de la vie en Afrique du Sud, post-aparteid et pose des questions sur la place des blancs, des hommes à l'égard des femmes. Il aborde aussi la fin de la prédominance blanche, les questions raciales, l'éthique.
Cote : R COE DIS
Saturne. Sarah Chiche / Seuil.
Résumé :
Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derrière lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d’Algérie. Se déploie alors le roman de ce père amoureux des étoiles, issu d’une grande lignée de médecins. Exilés d’Algérie au moment de l’indépendance, ils rebâtissent un empire médical en France. Mais les prémices du désastre se nichent au cœur même de la gloire. Harry croise la route d’une femme à la beauté incendiaire. Leur passion fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots. À l’autre bout de cette légende noire, la personne qui a écrit ce livre raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour. Roman du crépuscule d’un monde, de l’épreuve de nos deuils et d’une maladie qui fut une damnation avant d’être une chance, Saturne est aussi une grande histoire d’amour : celle d’une enfant qui aurait dû mourir, mais qui est devenue écrivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fantôme de son père.Avis :
Beau livre psychologique, avec quelques longueurs, qui se déroule dans une ambiance sombre. Le style est sec, particulier.
Cote : R CHI SAT
Lune de papier. Mitsuyo Kakuta / Actes Sud.
Résumé :
Mariée depuis peu, Rika tente avec beaucoup d’humilité de correspondre à l’image qu’elle se fait du bonheur conjugal, mais ne tarde pas à percevoir l’inélégance de son mari. À cela la jeune femme ne voit qu’une parade : réintégrer le monde du travail pour assumer ses propres dépenses, être relativement autonome, et retrouver un semblant de vie sociale. Dès lors, elle prépare un examen qu’elle obtient haut la main et entre dans une banque où lui est rapidement attribué un poste de responsable de clientèle. Rika s’attelle ainsi à la gestion de produits d’épargne un peu particuliers, puisqu’il s’agit de les vendre exclusivement à des personnes âgées dont elle doit gagner la confiance à l’occasion de visites régulières, et toujours à domicile. Quand un jeune homme la croise chez son grand-père, Rika a déjà basculé dans une véritable addiction. Bien loin d’être une héroine hollywoodienne, cette femme ordinaire est néanmoins sur le point de mettre en place l’une des plus importantes escroqueries de l’époque. Avec une férocité saisissante, Mistuyo Kakuta explore de livre en livre les effets de la société japonaise sur la psychologie du féminin. Capables de briser le carcan du quotidien, de sauter de l’autre côté de leur vie pour échapper au renoncement, ses créatures sans faille apparente sont inoubliables car effroyablement proches de nous.Avis :
Ce livre présente une bonne description de la place de la femme dans la société japonaise. On ressent bien l'ambiance de leur vie. Il est dépaysant.
Cote : R KAK LUN
L'île des âmes. N° 1. Les chansons du mal. Piergiorgio Pulixi / Gallmeister.
Résumé :
Mara Rais et Eva Croce sont mutées à Cagliari afin d'élucider une série de meurtres rituels de jeunes filles qui frappe la Sardaigne depuis plusieurs décennies. Une nouvelle victime a été découverte. De fausses pistes en révélations, les inspectrices sont confrontées aux pires atrocités tandis que, dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l'énigme.
Electre 2021
Avis :
Ce roman policier n'est pas un polar classique car la part belle est donnée à l'ethnologie. On y découvre, au fil de l'enquête, de belles descriptions de la Sardaigne.
Cote : P PUL ILE
Silence dans les champs. Nicolas Legendre / Arthaud.
Résumé :
Depuis les années 1960, le "système" agro-industriel fait naître des empires transnationaux et des baronnies rurales. Il crée des usines et des emplois. Il entraîne la disparition progressive des paysans, l’asservissement de nombreux salariés de l’agroalimentaire, l’altération des écosystèmes et la généralisation de la nourriture en boîte. Il s’impose au nom de la realpolitik économique et de la foi dans une certaine idée du "progrès". Il prospère grâce à la bienveillance, l’impuissance ou la lâcheté des autorités. Il engendre ses propres mythes, capables de façonner durablement les mentalités. Il enrichit considérablement une minorité, alors que certains se contentent de survivre grâce aux subventions ou doivent s’estimer heureux parce qu’ils ont un travail. Il fait taire des récalcitrants à coups de menaces, de pressions, d’intimidations, de calomnies ou de sabotages. La violence est son corollaire. Le silence, son assurance-vie. Comment le définir. Féodalité répondent les uns. Esclavage moderne, disent les autres. "Oligarchie" ou "mafia", jurent certains... Enquête au long cours jalonnée de témoignages saisissants, Silence dans les champs est une immersion glaçante dans le principal territoire agro-industriel de France : la Bretagne.
Notes : La page de couverture porte en plus la mention : "Enquête"
Bibliogr. p. 335-[343]. Notes bibliogr. en bas de pages
Avis :
Documentaire journalistique très complet, rigoureux et lisible par tous. Très beau travail.
Cote : 338.18 LEG S