jeudi 14 mai 2026

mai 2026 : Adulte

La petite bonne. Bérénice Pichat / Les Avrils.

Résumé : 

Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d'aller prendre l'air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d'amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s'ils se surprenaient ?


Avis :

Ce livre poignant apporte une description sociale d'une époque et de la place des femmes. La construction du livre est très intéressante avec des graphismes qui diffèrent suivant les personnages.


Cote : R PIC PET









Les sources. Marie-Hélène Lafon / Buchet-Chastel.

Résumé :

La cour est vide. La maison est fermée. Claire sait où est la clef, sous une ardoise, derrière l'érable, mais elle n'entre pas dans la maison. Elle n'y entrera plus. Elle serait venue même sous la pluie, même si l'après-midi avait été battue de vent froid et mouillé comme c'est parfois le cas aux approches de la Toussaint, mais elle a de la chance ; elle pense exactement ça, qu'elle a de la chance avec la lumière d'octobre, la cour de la maison, l'érable, la balançoire, et le feulement de la Santoire qui monte jusqu'à elle dans l'air chaud et bleu.

Années 1960. Isabelle, Claire et Gilles vivent dans la vallée de la Santoire, avec la mère et le père. La ferme est isolée de tous.

Les Sources est le nouvel opus de Marie-Hélène Lafon après Histoire du fils, prix Renaudot 2020.


Avis :

Ce livre, très bien écrit, parle de violence familiale, de femme sous influence. On sent la montée en tension, la lourdeur de la vie dans cette ferme isolée dans la nature.


Cote : A LAF SOU









Gonzalo et les autres. Bénédicte Delpois / Gallimard.

Résumé : 

Gonzalo, fils d'un viticulteur d'un petit village d'Estrémadure, s'enfuit pour éviter le service militaire instauré par les franquistes et le destin médiocre auquel il se croit promis. Mais, après des années passées en France et un amour malheureux, il embrasse de nouveau ses racines et l'immuabilité de la vie rurale. Il devient alors pour les autres le confident, celui à qui chacun peut livrer les grandeurs et les misères de son existence. Car c'est le portrait d'un village qui se dessine au travers des récits de ces personnages si attachants, un lieu clos où tous se connaissent et où chacun conserve ses secrets. Avec ce roman, Bénédicte Belpois continue de tracer une oeuvre singulière au prisme d'une écriture très haute en couleur, sincère et émouvante.


Avis :

Ce livre, facile à lire, nous parle de l'histoire espagnole du temps de Franco, dans une belle écriture avec beaucoup de sentiments.


Cote : R BEL GON








Disgrâce. J. M. Coetzee / Seuil.

Résumé : 

David Lurie est enseignant au Cap, en Afrique du Sud, passionné par les œuvres de Byron et de Wordsworth. Il a 52 ans, il est père et a deux fois divorcé. Dans son genre, c'est un Casanova. La question de sa vie sexuelle est facilement résolue : il paye une femme légère et chaque jeudi de la semaine est "une oasis de luxe et de volupté". Sur le chemin des écoliers, il croise l'une de ses étudiantes, Mélanie Isaacs. Il la séduit. Mais cette relation a tôt fait de faire scandale. Le professeur est démissionné pour "harcèlement sexuel". Pour éviter le regard critique de la ville, il se rend chez sa fille, Lucy, propriétaire d'une petite exploitation agricole en province. Là, il assiste aux tâches quotidiennes de la campagne, des ventes de fruits et légumes à la protection des animaux, à la violence aussi, qui monte depuis la ville, partagée entre le vol et le viol…


Notes : Prix Nobel de Littérature 2003


Avis :

Ce livre, sombre, parle de la vie en Afrique du Sud, post-aparteid et pose des questions sur la place des blancs, des hommes à l'égard des femmes. Il aborde aussi la fin de la prédominance blanche, les questions raciales, l'éthique.


Cote : R COE DIS









Saturne. Sarah Chiche / Seuil.

Résumé : 

Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derrière lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d’Algérie. Se déploie alors le roman de ce père amoureux des étoiles, issu d’une grande lignée de médecins. Exilés d’Algérie au moment de l’indépendance, ils rebâtissent un empire médical en France. Mais les prémices du désastre se nichent au cœur même de la gloire. Harry croise la route d’une femme à la beauté incendiaire. Leur passion fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots. À l’autre bout de cette légende noire, la personne qui a écrit ce livre raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour. Roman du crépuscule d’un monde, de l’épreuve de nos deuils et d’une maladie qui fut une damnation avant d’être une chance, Saturne est aussi une grande histoire d’amour : celle d’une enfant qui aurait dû mourir, mais qui est devenue écrivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fantôme de son père.


Avis :

Beau livre psychologique, avec quelques longueurs, qui se déroule dans une ambiance sombre. Le style est sec, particulier.


Cote : R CHI SAT













Lune de papier. Mitsuyo Kakuta / Actes Sud.

Résumé : 

Mariée depuis peu, Rika tente avec beaucoup d’humilité de correspondre à l’image qu’elle se fait du bonheur conjugal, mais ne tarde pas à percevoir l’inélégance de son mari. À cela la jeune femme ne voit qu’une parade : réintégrer le monde du travail pour assumer ses propres dépenses, être relativement autonome, et retrouver un semblant de vie sociale. Dès lors, elle prépare un examen qu’elle obtient haut la main et entre dans une banque où lui est rapidement attribué un poste de responsable de clientèle. Rika s’attelle ainsi à la gestion de produits d’épargne un peu particuliers, puisqu’il s’agit de les vendre exclusivement à des personnes âgées dont elle doit gagner la confiance à l’occasion de visites régulières, et toujours à domicile. Quand un jeune homme la croise chez son grand-père, Rika a déjà basculé dans une véritable addiction. Bien loin d’être une héroine hollywoodienne, cette femme ordinaire est néanmoins sur le point de mettre en place l’une des plus importantes escroqueries de l’époque. Avec une férocité saisissante, Mistuyo Kakuta explore de livre en livre les effets de la société japonaise sur la psychologie du féminin. Capables de briser le carcan du quotidien, de sauter de l’autre côté de leur vie pour échapper au renoncement, ses créatures sans faille apparente sont inoubliables car effroyablement proches de nous.


Avis : 

Ce livre présente une bonne description de la place de la femme dans la société japonaise. On ressent bien l'ambiance de leur vie. Il est dépaysant.


Cote : R KAK LUN








L'île des âmes. N° 1. Les chansons du mal. Piergiorgio Pulixi / Gallmeister.

Résumé : 

Mara Rais et Eva Croce sont mutées à Cagliari afin d'élucider une série de meurtres rituels de jeunes filles qui frappe la Sardaigne depuis plusieurs décennies. Une nouvelle victime a été découverte. De fausses pistes en révélations, les inspectrices sont confrontées aux pires atrocités tandis que, dans les montagnes de Barbagia, une étrange famille de paysans semble détenir la clé de l'énigme. 

Electre 2021


Avis :

Ce roman policier n'est pas un polar classique car la part belle est donnée à l'ethnologie. On y découvre, au fil de l'enquête, de belles descriptions de la Sardaigne. 


Cote : P PUL ILE










Silence dans les champs. Nicolas Legendre / Arthaud.

Résumé : 

Depuis les années 1960, le  "système" agro-industriel fait naître des empires transnationaux et des baronnies rurales. Il crée des usines et des emplois. Il entraîne la disparition progressive des paysans, l’asservissement de nombreux salariés de l’agroalimentaire, l’altération des écosystèmes et la généralisation de la nourriture en boîte. Il s’impose au nom de la realpolitik économique et de la foi dans une certaine idée du "progrès". Il prospère grâce à la bienveillance, l’impuissance ou la lâcheté des autorités. Il engendre ses propres mythes, capables de façonner durablement les mentalités. Il enrichit considérablement une minorité, alors que certains se contentent de survivre grâce aux subventions ou doivent s’estimer heureux parce qu’ils ont un travail. Il fait taire des récalcitrants à coups de menaces, de pressions, d’intimidations, de calomnies ou de sabotages. La violence est son corollaire. Le silence, son assurance-vie. Comment le définir. Féodalité répondent les uns. Esclavage moderne, disent les autres. "Oligarchie" ou "mafia", jurent certains... Enquête au long cours jalonnée de témoignages saisissants, Silence dans les champs est une immersion glaçante dans le principal territoire agro-industriel de France : la Bretagne.


Notes : La page de couverture porte en plus la mention : "Enquête"
Bibliogr. p. 335-[343]. Notes bibliogr. en bas de pages


Avis :

Documentaire journalistique très complet, rigoureux et lisible par tous. Très beau travail.


Cote : 338.18 LEG S


mai 2026 : Enfance / Jeunesse

Iggy. Alex Cousseau et Janik Coat / Les fourmis rouges.

Résumé : 

Je m'appelle Duc. Je suis un chat. Et sur la couverture de ce livre il y a Iggy, mon animal de compagnie. Iggy est un chien. Mais ça ne se voit pas toujours...


Notes : À partir de 3 ans


Avis :

Ce livre est très visuel, graphique, avec des dessins originaux en mouvement.

Il peut plaire aussi aux enfants plus grands qui le lisent seuls, en comprenant le second degré.


Cote : A COU IGG

Thème : Animal











Le plus petit yack. Lu Fraser et Kate Hindley / Little Urban.

Résumé : 

Au sommet des monts enneigés, là où tourbillonnent des spirales de flocons glacés, blottie contre son troupeau, vivait Gertie... la plus petite de tous les yacks. Gertie RÊVE de GRANDIR et de prendre de la hauteur. Elle ne veut plus attendre !


Avis :

C'est une belle histoire traditionnelle qui montre que l'on a toujours besoin d'un plus petit que soi. Les illustrations sont adorables.


Cote : A FRA PLU

Thème : Vie quotidienne








Trois grands copains. Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec / Père Castor.

Résumé :
Voici l'histoire de trois grands copains qui font (presque) tout ensemble.

Age de lecture : A partir de 4 ans.

Avis :
Belle histoire originale, où chacun a son jardin secret et ses moments de tranquillité même vis à vis de ses meilleurs copains.

Cote : A BRU TRO
Thème : Sentiment








Oscar et Albert N° 1. Chris Naylor-Ballesteros / Kaléidoscope.

Résumé : 
Oscar et Albert ADORENT jouer à cache-cache ! Albert est persuadé d'être un as du camouflage... mais en vrai, il est SUPER NUL. Oscar le trouve À TOUS LES COUPS. Alors, pour faire plaisir à son ami, Oscar sera-t-il prêt à lui concéder la victoire ?

Avis :
Cet album présente une histoire qui a une chute rigolote avec de beaux graphismes et de belles couleurs.

Cote : A NAY OSC
Thème : sentiment







Nous traverserons des orages. Anne-Laure Bondoux / Gallimard.

Résumé : 
Voici l'histoire que je dois te raconter, Saule. C'est l'histoire d'une famille, d'une maison et d'un pays. Elle commence à la veille d'une guerre planétaire, dans une ferme de hameau qu'on appelle les Chaumes. Elle s'achèvera un siècle plus tard, au même endroit. Entre ces deux époques, tu verras vivre ici quatre générations hantées par des secrets et des fantômes.

Avis :
Ce livre fait la généalogie d'une famille sur un siècle en parallèle avec l'histoire mondiale. Il apporte une vue d'ensemble sur l'Histoire et une réflexion sur les différences sociales de façon très fine. 

Cote : J+ BON NOU

+ +



mardi 10 mars 2026

mars 2026 : Adulte

 Ce que je sais de toi. Eric Chacour / Philippe Rey.

Résumé : 

Le Caire, années 1980. La vie bien rangée de Tarek est devenue un carcan. Jeune médecin ayant repris le cabinet médical de son père, il partage son existence entre un métier prenant et le quotidien familial où se côtoient une discrète femme aimante, une matriarche autoritaire follement éprise de la France, une sœur confidente et la domestique, gardienne des secrets familiaux. L'ouverture par Tarek d'un dispensaire dans le quartier défavorisé du Moqattam est une bouffée d'oxygène, une reconnexion nécessaire au sens de son travail. Jusqu'au jour où ne surprenante amitié naît entre lui et un habitant du lieu, Ali, qu'il va prendre sous son aile. Comment celui qui n'a rien peut-il apporter autant à celui qui semble déjà tout avoir ? Un vent de liberté ne tarde pas à ébranler les certitudes de Tarek et bouleverse sa vie. Premier roman servi par une écriture ciselée, empreint d'humour, de sensualité et de délicatesse, Ce que je sais de toi entraîne le lecteur dans la communauté levantine d'un Caire bouillonnant, depuis le règne de Nasser jusqu'aux années 2000. Au fil de dévoilements successifs distillés avec brio par une audacieuse narration, il décrit un clan déchiré, une société en pleine transformation, et le destin émouvant d'un homme en quête de sa vérité.


Notes : Prix FEMINA des lycéens 2023


Avis :

Ce premier roman est très bien écrit et évoque, avec délicatesse, des drames de la vie, sans juger, sans s'apitoyer.


Cote : R CHA CE












Un soupçon légitime. Stefan Sweig / Grasset.

Résumé : 

Un soupçon légitime est l'histoire d'un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage. John Limpley s'installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son mare, l'animal se transforme en tyran... jusqu'au jour où il est délaissé, lorsque la jeune femme tombe enceinte. Le drame qui va suivre est d'autant plus tragique qu'il reste inexpliqué. Dans cette nouvelle angoissante, inédite en français, on retrouve le style inimitable de Zweig et sa finesse dans l'analyse psychologique. Comme dans Lettre d'une inconnue ou Le joueur d'échecs, il dépeint avec virtuosité les conséquences funestes de l'obsession et de la démesure des sentiments.


Avis :

Cette histoire courte est présentée en français et en allemand. On  sent la tension monter tout au long du récit qui s'apparente à une enquête policière avec une excellente analyse de la psychologie des personnages. A noter de superbes descriptions de comportements, animal et humain.


Cote : R SWE SOU








Un bref instant de splendeur. Ocean Vuong / Gallimard.

Résumé : 

Un bref instant de splendeur se présente sous la forme d'une lettre qu'un fils adresse à sa mère qui ne la lira jamais. Fille d'un soldat américain et d'une paysanne vietnamienne, elle est analphabète, parle à peine anglais et travaille dans un salon de manucure aux Etats-Unis. Elle est le pur produit d'une guerre oubliée. Son fils, dont la peau est trop claire pour un Vietnamien mais pas assez pour un Américain, entreprend de retracer leur histoire familiale : la schizophrénie de sa grand-mère traumatisée par les bombes ennemies au Vietnam, les poings durs de sa mère contre son corps d'enfant, son premier amour marqué d'un sceau funeste, sa découverte du désir, de son homosexualité et du pouvoir rédempteur de l'écriture. Ce premier roman, écrit dans une langue d'une beauté grandiose, explore avec une urgence et une grâce stupéfiantes les questions de race, de classe et de masculinité. Ocean Vuong signe une plongée dans les eaux troubles de la violence, du déracinement et de l'addiction, que la tendresse et la compassion viennent toujours adroitement contrebalancer. Un livre d'une justesse bouleversante sur la capacité des mots à panser les plaies ouvertes depuis des générations.


Avis :

Ce premier roman, écrit sous forme de lettre d'un fils à sa mère, nous parle de traumatismes de guerre, d’exil, de la difficulté d'être métis et homosexuel. Il est un peu confus, saccadé.


Cote : R VUO BRE











La patiente du jeudi : Nathalie Zajde / L'Antilope.

Résumé : 

Mona consulte un psychothérapeute car elle est incapable de vivre sereinement ses relations amoureuses. Entre instabilité affective et crises d'angoisse, ses amants prennent la fuite.
La situation est tellement ingérable qu'elle finit internée. A l'hôpital, des enregistrements révèlent qu'elle parle yiddish dans son sommeil. Or, Mona n'a jamais appris cette langue.
Premier roman.


Avis :

Dans ce premier roman, le sujet de la psycho-généalogie est intéressant, bien amené. On le lit avec plaisir grâce à l'humour et au suspense qui agrémentent le livre.


Cote : R ZAJ PAT









En garde. Amélie Cordonnier / Flammarion.

Résumé : 

La narratrice de ce roman a promis à ses enfants et à son mari de raconter ce qui a déchiré leur vie de longs mois durant. Trois ans après les faits, Amélie Cordonnier tient parole et remonte le temps jusqu'à ce jour où tout a commencé. Il y a d'abord eu un courrier, pris pour une mauvaise plaisanterie. Alertée par un appel pour maltraitance, la protection de l'enfance la convoquait en famille à un rendez-vous visant à s'assurer que son fils et sa fille étaient bien en sécurité dans leur foyer. Un simple coup de fil, de surcroît anonyme, pouvait donc provoquer l'envoi d'une lettre officielle vous mettant en demeure de démontrer que vous êtes de bons parents ? Oui. La machine était lancée, et rien ne semblait devoir l'arrêter. Car comment prouver qu'on aime ses enfants ? Dans En garde, Amélie Cordonnier continue d'explorer ce qui se passe - et se cache - dans l'intimité familiale. Elle met en scène l'étau qui se resserre autour d'une famille sous surveillance, dans une course aussi effrayante qu'haletante.


Avis :

Ce récit ahurissant questionne et fait peur. On peut se demander si le "Cousin" n'est pas un psychopathe.


Cote : R COR EN










Un perdant magnifique. Florence Seyvos / L'Olivier.

Résumé : 

Au cœur d'une famille en pleine implosion, le beau-père atypique capte toutes les attentions. Mythomane, dépensier, capricieux, suicidaire, généreux, élégant, clochardisé, sincère, menteur, enthousiaste, dépressif, Jacques est tout cela à la fois. Entre la France et la Côte d'Ivoire, il entraîne la narratrice, sa sœur Irène et leur mère dans un tourbillon qui finira par le tuer. Depuis toujours, Florence Seyvos est comme hantée par ce personnage mystérieux et toxique. Avec Un perdant magnifique, elle n'a jamais été aussi proche de la vérité. Une vérité douloureuse qu'elle restitue avec ce mélange de pudeur et de violence qui est sa marque de fabrique. Comme dans Le Garçon incassable , son plus grand succès à ce jour, elle parvient à poser un regard précis, parfois cruel, sur toutes les situations, mais avec une délicatesse infinie.


Avis :

Ce court roman intrigant, se lit vite. C'est un livre curieux, déroutant et attachant. Il a obtenu le prix du Livre Inter 2025.


Cote : R SEY PER









L'insoutenable légèreté de l'être. Milan Kundera / Gallimard.

Résumé : 

Plus que les autres romans de Kundera, celui-ci est un roman d'amour. Tereza est jalouse. Sa jalousie, domptée le jour, se réveille la nuit, déguisée en rêves qui sont en fait des poèmes sur la mort. Sur son long chemin, la jeune femme est accompagnée de son mari, Tomas, mi-don Juan, mi-Tristan, déchiré entre son amour pour elle et ses tentations libertines insurmontables. Le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas, étend le tissu du roman au monde entier. Intelligente, a-sentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d'Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que l'insoutenable légèreté de l'être. En effet, quelle qualité - de la gravité ou de la légèreté - correspond le mieux à la condition humaine ? Et où s'arrête le sérieux pour céder la place au frivole, et réciproquement ? Avec son art du paradoxe, Kundera pose ces questions à travers un texte composé à partir de quelques données simples mais qui s'enrichissent constamment de nouvelles nuances, dans un jeu de variations où s'unissent récit, rêve et réflexion, prose et poésie, histoire récente et ancienne. Jamais, peut-être, chez Kundera, la gravité et la désinvolture n'ont été unies comme dans ce texte. La mort elle- même a ici un visage double : celui d'une douce tristesse onirique et celui d'une cruelle farce noire. Car ce roman est aussi une méditation sur la mort : celle des individus mais, en outre, celle, possible, de notre vieille Europe.


Avis :

Etonnant roman avec de très beaux passages, des réflexions profondes, il fait réfléchir sur le sens de la vie, l'amour. Il n'est pas toujours facile à lire mais c'est un classique de la littérature.


Cote : R KUN INS









Chez Scarlette. Hervé Bellec / Presses de la Cité.

Résumé : 

Sur une île au large de la Bretagne, cinq destinées de femmes malmenées par les tempêtes d'automne vont se croiser au fil de la plume nostalgique, cocasse, drôle et désenchantée à la fois de l'écrivain breton, Prix de la ville de Vannes 2020. Nous sommes en novembre, miz du en breton, le mois noir, dans une île bretonne à une heure du continent. Scarlette, la patronne du bar de la Falaise, vit là, tout simplement parce qu'elle y est née, et son bistrot en est l'épicentre. Solange, la Parisienne, est venue y trouver refuge pour fuir un passé trop encombrant et un avenir trop douloureux. Phanie, la jeune policière, aussi, peut-être pour tout remettre en question. Marina, l'énigmatique médecin de l'île, soulage les peines de chacun comme elle peut. Morgane, la fille de Scarlette, se morfond, loin de son île, à Nantes où elle fait ses études et veut rentrer quoi qu'il en coûte. La tempête gronde, les falaises s'effondrent, les digues cèdent, les arbres se couchent et les grandes marées menacent de submerger l'île, comme au temps d'une antique légende. L'île est maintenant totalement isolée. Mais les femmes s'entraident, se soutiennent, chantent et dansent autour du vieux juke-box en buvant du champagne comme pour narguer le mauvais sort.


Avis :

Ce livre, très plaisant à lire, parle d'amitié, d'entraide, entre des femmes totalement différentes.


Cote : BZH R BEL CHE








Champs de bataille. L'histoire enfouie du remembrement. Inès Léraud, Pierre Van Hove, Mathilda, Léandre Mandard / Delcourt.

Résumé : 

Il est une guerre qui n'est jamais mentionnée dans les livres d'histoire. Une guerre à la terre et à la paysannerie. Elle a meurtri les paysages et divisé les villages avant de disparaître de la mémoire collective. Pourtant, de la Bretagne aux Ardennes en passant par le Limousin, des femmes et des hommes se souviennent. Pendant près de quatre ans, la journaliste Inès Léraud est allée à la rencontre des témoins du remembrement. Face aux politiques qui les expropriaient et aux buldozers qui arrachaient les arbres, certains se sont révoltés, d'autres ont embrassé les promesses de progrès. En s'appuyant sur les recherches historiques les plus récentes, ce récit raconte comment l'État et ses cohortes d'ingénieurs se sont employés à tailler les campagnes sur mesure pour faire de la terre un simple support de production ... Et ont orchestré le plus grand plan social du XXe siècle au mépris des habitants et du vivant. Avec cette nouvelle enquête, les auteurs d'"Algues vertes, l'histoire interdite" remontent aux origines d'une catastrophe écologique et sociale dont les conséquences sont plus que jamais visibles aujourd'hui.


Avis :

Ce roman graphique passionnant explique le remembrement. La documentation et les illustrations très claires en font un livre instructif et pédagogique. 


Cote : BDIND CHA